Sud-Ouest, April 17. 2019

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Royan: Gilles Viandier voile le patrimoine pour le révéler (GV veils the heritage to reveal it).

Architecture: L’association Artichem invite samedi l’artiste Gilles Viandier à réaliser une performance de street art, “Blue Street Pantone” par Ronan Chérel.

Des visites à la bougie de l’église Notre-Dame, des circuits à vélo à la découverte des perles architecturales locales, des ateliers à la fois ludiques et pédagogiques pour sensibiliser le jeune public… Le service municipal Culture et patrimoine trouve des biais pour diversifier les thèmes de son propre programme de découverte de ce qui constitue l’une des indéniables richesses de la station.

Depuis 2004, l’association Artichem aussi se donne pour mission de valoriser cet héritage de la Reconstruction. A la faveur du Mois de l’architecture, d’ailleurs, et en marge du programme “officiel” de la Ville, Artichem braque aussi ses projecteurs sur certains aspects de l’architecture 1950. Le biais est parfois décontenançant, Comme cette promenade en ville avec la botaniste Anne Richard, le 6 avril, suivie avec gourmandise par les participants, prêts à braver les averses pour en apprendre sur les “adventices” du béton”, pour ne pas parler de “mauvaises herbes”, en réalité moins “mauvaises qu’on le croirait, au regard de la dégustation organisée ensuite.

Trizay emballée  :   Présidente d’Artichem, l’ancienne adjointe à la culture Véronique Willmann défend cette originalité d’approche. L’architecture à travers la botanique hier, l’architecture en “mouvement” demain, enfin, samedi pour être précis… Architecte à l’origine, Gilles Viandier a fini par choisir un autre levier pour “parler” de sa passion : l’art.

“Il a commencé par faire des interventions en milieu urbain, puis il est devenu danseur, street artistique” le décrit succinctement Véronique Willmann, littéralement emballée par la performance de l’artiste à laquelle la présidente d’Artichem a assisté en novembre dernier. Gilles Viandier a métamorphosé l’abbaye de Trizay le temps de cette performance, à la croisée entre la danse contemporaine et l’habillage du monument, à grand renfort de toiles en Lycra jaune pur et vif.

“Corporelle et visuelle”  :   Cette technique, Gilles Viandier ne l’a évidemment pas inventée. On garde en mémoire l’emballage intégral du Pont-Neuf à Paris, par le plasticien Christo en 1985. Membre d’une association d’artistes du Pays royannais, Promenade d’artiste, avec Denis Tricot et Mathieu Harzo, Gilles Viandier déploie plus modestement, lors de ses interventions in situ, une ou plusieurs toile(s) de 30 mètres de long, “des voiles fines et longues, mais aussi très élastiques, dont il se sert comme d’un agrès, ou qu’il déploie derrière lui, comme pour symboliser une trace… Il lui arrive encore, aussi, d’impliquer les spectateurs.”

Ces installations et performances éphémères poursuivent le même objectif qu’une visite commentée d’un bâtiment remarquable, amener le spectateur à le découvrir, s’y plonger, “mais il n’est pas toujours besoin d’explications encyclopédiques pour appréhender un lieu. Les performances de Gilles Viandier proposent une appréhension visuelle et corporelle”, définit Véronique Willmann.

“Un autre angle”  :  Pour Royan, Gilles Viandier a choisi un coloris particulier, “le bleu roi, couleur de la ville”, dont il drapera des sites préalablement suggérés par les membres d’Artichem, que l’artiste visitera jeudi encore, pour préparer ses interventions, au nombre de deux, “Nous aurions aimé proposer deux autres performances le dimanche, mais malheureusement notre action est entièrement bénévole, l’argent dont nous disposons est consacré uniquement à financer des rendez-vous comme ces performances ou les visites insolites que nous proposons.”

Seulement, l’association vient de voir sa demande de subvention, 1150 euros, refusée par la Ville. “C’est dommage” regrette Véronique Willmann, qui assure pourtant qu’Artichem n’a jamais voulu se placer en concurrent du service Culture et patrimoine, mais au contraire de proposer une découverte de l’architecture locale sous un autre angle.”